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Agenda 2018 (150 ans d'éclats) • Agenda 2019

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Voeux2019-Lanvaon
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«Se trouvant à l’ouest-nord-ouest de l’île Vierge, dans le nord des roches
de Portsall, on aperçoit dans le sud-sud-ouest le clocher de Plouguerneau
et en avant, isolée dans un champ, la tour du feu de Lanvaon, élevée et
carrée ; puis l’îlot de Wrac’h, et la tour de son feu, de forme arrondie, sur-
montée d’une tourelle blanche avec corps de logis. Les courants dans la passe
portent à l’est-nord-est et à l’ouest-sud-ouest. En conséquence, par flot de
grande marée, il vous faudra au moins quatre quarts de vent dans la voile
pour étaler le courant.»

C’est ce que vous auriez pu lire dans les instructions nautiques de 1871 si
vous aviez gouverné un caboteur et que votre intention fût d’embouquer le
grand chenal de l’Aber Wrac’h pour aller livrer votre cargaison de vin ou
de sel au port de Paluden.

Les instructions nautiques d’aujourd’hui sont tout aussi précises, elles
vous disent que ce premier alignement de l’île Wrac’h par Lanvaon se tient à
100,1° ! Notez ce petit 1 après la virgule, ce dixième de degré qui souligne
combien l’à-peu-près serait ici malvenu !

Lorsque nous parlons de la mer nous n’évoquons le plus souvent que ce que
nous voyons d’elle, c’est-à-dire sa surface, cette peau élastique qui n’accepte
aucun marquage et cache si bien les dangers qu’elle recouvre. Nous qualifions
de belle cette peau lorsqu’elle est plate et nous avons alors du mal à imaginer
la phénoménale puissance de ces masses liquides en mouvement, du mal à à
visualiser ces courants qui animent les millions de tonnes d’eau dont le sens
de défilement varie d’heure en heure tandis que les hauteurs disponibles
sous la quille du navire évoluent en permanence.

La puissance de l’océan nous est plus évidente lorsque sa peau se
gondole et s’agite sous le souffle des grands vents du large qui pétrissent
ces majestueuses vagues traquées par les photographes de tempêtes.
Mais, généralement, à ce moment-là, on est solidement amarré au port.
Car le but de tout navire en mer est d’arriver au port !

C’est à ce stade qu’intervient le phare de Lanvaon. Élément de ce très
vaste réseau qui relie les marins à la terre, associé à l’île Wrac’h pour former un
alignement, il permet de jour comme de nuit de pénétrer dans la première partie du chenal de l’aber Wrac’h.

«Il n’ y a pas de petits feux» nous répétait Jean Corre, instructeur à l’école
des Phares de Saint Nazaire où j’ai été formé. «Aucun d’eux n’est mineur,
aucun n’est décor, ils sont simplement nécessaires.»

Si vous voulez saisir pleinement combien la lumière de Lanvaon est précieuse
aux marins, je vous propose ce petit jeu : imaginez un instant que vous êtes à la
barre de votre bateau, là-bas quelque part dans le nord-ouest de Plougerneau.

La nuit est tombée depuis un moment déjà, vous commencez à avoir un peu
froid car vous avez peu dormi durant cette traversée de la Manche. Vous êtes
fatigué mais content, parce que les vent sont bons et votre atterrage aussi.
De plus, depuis le début de la nuit, les éclats blancs du phare de l’île Vierge
vous ont permis de compenser à l’œil votre dérive, ce qui vous a bien
facilité la vie !

Maintenant vous venez de reconnaître la bouée cardinale ouest du Libenter
(Q (9) W15 s), la visibilité est bonne et tout va bien à bord. Vous savez que le
port est proche mais, désormais, les dangers de la côte aussi ! Ce ne sont plus
les cargos qu’il vous faudra soigneusement éviter, mais toutes ces roches
visibles ou invisibles qui s’étalent entre le port et vous.

Mais vous n’êtes pas un novice –sinon vous ne seriez pas là–, la
route est balisée, alors, laissant le Libenter à bâbord, vous lofez tranquillement
dans l’est jusqu’à amener exactement l’un au-dessus de l’autre les scintille-
ments de l’île Wrac’h et de Lanvaon qui vous diront que vous êtes dans
l’axe du chenal !

Dès cet instant, inlassablement, ces deux modestes lumières vous feront
chenaler en eau saine jusqu’au premier virage. Peu avant celui-ci, le secteur
vert du feu de guidage de l’aber Wrac’h vous préviendra qu’il est temps
d’incliner votre route vers la droite pour vous engager dans son secteur blanc.
Lorsque vous y serez vous le garderez jusqu’à trouver un autre balisage, tout
aussi logique, lequel vous fera entrer au port. Si le courant venait à vous
dérader à gauche, le secteur rouge vous l'indiquerait aussitôt, tandis que
si vous dérapiez à droite c’est le vert qui vous ferait revenir sur la
bonne voie !

L'expo Les couleurs de l'amer #4 sera visible du 20 juillet au 4 août.

*Si la langue bretonne cous est étrangère,
sachez que tour-tan se traduit littéralement par.
"tour à feu" et désigne un phare en breton.

CA2019-Affiche

La lune alors, n’en doutez pas, échappée un instant d’un lourd nuage de
traîne, viendra projeter dans votre sillage les ombres des roches acérées qui
bordent votre route, soulignant ainsi combien sont précieuses au marin ces
modestes lumières qui permettent de cheminer tranquillement dans un
champ de mines à onze heures du soir !

Quelle que soit leur portée, quelle que soit leur notoriété, les phares
sont, avant tout, des victoires contre l’obscurité. Aussi suis-je très heureux
de voir combien ce phare-amer, ami du marin, est mis en valeur par l’associa-
tion Lanvaon ! J’admire son engagement, j'applaudis au travail déjà accompli
tout comme j’adhère sans réserve aux projets qu’elle a pour l’histoire, le
présent et le futur de ce singulier bâtiment de signalisation maritime.

Greg an Tour-Tan, qui illustre de ses photos Les couleurs de l’amer 2019
est un amoureux des phares ; son pseudo nous l’annonce d'aillleurs sans ambiguïté*. Sa bienveillante curiosité à l’égard de ces géants de lumière nous
a amenés à partager bien des émotions sur les réseaux sociaux –ce bistrot de
port virtuel– sur le thème qui nous rassemble. Il nous présente dans ce
livret quelques-uns des 4 400 établissements lumineux qui, tel
Lanvaon, guident les marins aux abords de nos côtes.

Longue vie à Lanvaon et à ses nouveaux gardiens,
bon vent et bonne mer à chacun d’entre vous !

Louis Cozan, ancien gardien de phare

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